Zhar Tour, ou manifeste pour une hospitalité sensible

Je n’ai pas rejoint la route du bigaradier par hasard, par accident ou parce que l’opportunité s’est présentée. Je prends position. Je signe et assume. Je dirige un gite rural et apprends au fur et à mesure du lieu que de mes invitées. le gite évolue en fonction des saison, des énergies et du sens que l’on donne à chacune de nos action, rencontres, projets. Par AMEL DJAIT

Dans un monde où le tourisme est devenu une industrie de flux, de volumes, de répétition — je refuse de participer à ce qui vide les lieux de leur substance pour les rendre consommables. J’ai toujours lutté contre cela et continuerais. Quand j’ai lancé 1001Tunisie, je m’inscrivais en faux par rapport au baillonage que l’on faisait de la culture et du savoir-faire et être de mon pays.

Le mrach de zhar et poteries de mediteranée

Aujourd’hui, l’offre immersive que l’on propose à Dar Jbel est tout l’inverse. On récolte nos olives pour en faire de l’huile, on plante le thym que l’on distille, on prned soin de la menthe que l’on infus e dans nos tisanes. Et le zhar est au cœur de ce sens que l’on donne et veut donner à notre champ d’activités. Le zhar est au cœur même de l’expérience et du sens.

D’abord, par la fleur, fragile et saisonnière, exigeante et robuste. Incompatible avec la vitesse. Ensuite par , l’arbre qui souffre sur les routes par manque d’eau et d’entretien. Utilisé comme porte greffe, le bigaradier est planté pour agrémenter les trottoirs mais ne devient le centre de toutes les attentions que quand il est en fleurs. Sinon, il est l’oublié des jardins, des évènements, des boissons ( agrume que l’on ne prese pas! )…Ses feuilles, desquelles on extrait « maa ouarak », sont aussi précieuses quand elles consolent les enfants des insolations et contribuent à faire tomber les températures élevés,…

A mes yeux, la route Zhar Nabeul Tour, pensée dans le cadre du programme PAMPAT, avec le soutien de ONUDI et de SECO, n’est pas un projet touristique. C’est une tentative d’attirer l’attention. Une invitation à réfléchir, se poser, regarder et se regarder autrement. C’est une proposition de rééquilibrage. Rééquilibrer le visible et l’invisible, l’économie et le vivant, l’expérience et la vérité.

Récolte de zhar à Hamammet

Ce que nous appelons “tourisme” aujourd’hui est souvent une mise à distance du réel. On regarde sans toucher, consomme sans comprendre et traverse sans rencontrer. On fait des clicks sur une « map » monde, on prend des avions et « selfies » pour dire done! J’y suis allée! Je connais!

Le zhar, lui, impose une autre relation. On se lève tôt, cueille à la main, attend, respecte. Il n’y a pas de raccourci. Pas d’optimisation possible. Pas de mise en scène. Seulement un geste juste. Ce geste, des femmes et des hommes le répètent depuis des générations en Tunisie. Sans bruits ni discours. Sans storytelling ni revendications.

Et soudain, aujourd’hui, nous réalisons que c’est là que réside la véritable richesse. Pas dans ce que nous avons construit pour être vus, mais dans ce que nous avons su préserver sans chercher à le montrer. Et si le plus important était constitué de ce que nous faisons de façon naturelle mais primordiale?

Je revendique une hospitalité qui s’inscrit dans cette logique. À Dar Jbel, il n’a jamais été question d’accueillir pour remplir. Mais d’accueillir pour transformer, partager du temps, transformer le rapport au temps. Transformer le regard. Transformer la manière même d’habiter un lieu — ne serait-ce que pour quelques jours. A Dar Jbel, il n y a rien d’extraordinaire, si ne c’est une vie paisible qui s’articule autour de la paix, de la rencontre, d’un parfum, une fleur ou une saveur…

Alambic et distillation de fleurs d'orangers  dans les jardins de Dar Jbel
Alambic et distillation de fleurs d’orangers dans les jardins de Dar Jbel

Rejoindre la route du zhar, ce n’est pas ajouter une activité. C’est affirmer une cohérence. Celle d’un tourisme qui ne divertit pas, mais qui engage. Qui ne simplifie pas, mais qui approfondit. Qui ne vend pas une image, mais propose une expérience. Simple et habitée. ET qui si on la reproduit ailleurs fait sourire et ne sera jamais égale!

Je ne crois pas à un tourisme qui s’adapte à tout. Je crois à des lieux qui assument. Choisir un rythme, une saison, une chanson, un plat…C’est renoncer à d’autres et ouvrir toutes les limites. Le zhar nous enseigne cela : la valeur naît de la contrainte, la beauté de la précision, et le sens de l’attention. Ce n’est pas une nostalgie. C’est une direction. Dans un monde saturé, accéléré, standardisé, la délicatesse devient un acte de résistance. Et accueillir, aujourd’hui, c’est peut-être simplement cela : résister avec douceur.

Cours de cuisine a base de zhar
Le mrach, le must pour un accueil signature

Dar Jbel – Maison d’hôtes & expérience du zhar en Tunisie

Dar Jbel est une maison d’hôtes et un gite rural situé dans l’arrière pays de Hammamet et en Tunisie. Cette adresse confidentielle est pensée comme un lieu de séjour lent, sensible et immersif. Un lieu Ici, le voyage ne se limite pas à l’hébergement. Il devient une expérience du territoire, de ses rythmes et de ses savoir-faire.

Une expérience autour du zhar

Au printemps, Dar Jbel s’inscrit dans la route du bigaradier portée par le programme PAMPAT, avec le soutien de ONUDI et de SECO. Les voyageurs peuvent y découvrir :

  • la cueillette traditionnelle des fleurs de bigaradier (zhar)
  • la distillation de l’eau de fleur d’oranger
  • la cuisine locale parfumée au zhar
  • la vie rurale et les savoir-faire du territoire

Un séjour pour ralentir

Dar Jbel s’adresse aux voyageurs qui recherchent :

  • une expérience authentique en Tunisie
  • un séjour en immersion dans la nature
  • un tourisme lent et culturel
  • un lieu loin des circuits touristiques classiques
atelier cuisine tunisienne dar jbel
Atelier de cuisine tunisienne à base de zhar

Une maison d’hôtes, pas un hôtel

Dar Jbel ne propose pas une simple chambre. Il propose un rythme. Un temps différent. Une attention au vivant. Une manière d’habiter un lieu plutôt que de le traverser. Venir à Dar Jbel, c’est accepter de ralentir.
Observer. Goûter. Comprendre. Et peut-être découvrir que le voyage commence là où l’on cesse de consommer les lieux.

Laisser une commentaires

Menu