Et si une fleur pouvait raconter la Tunisie?

Dans mon pays, comme d’autres pays de par le monde, on sent les saisons arriver et les humeurs changer au fil des fleurs. Si le jasmin et le fell signent l’été tunisien, le printemps, à Hammamet et Nabeul, c’est le Zhar que l’on sent avant de voir. Amel DJAIT

Le zhar, l’eau de fleurs d’orangers, le néroli, le bigaradier, sa fleur et son eau sont les mêmes facettes de cette odeur douce, presque sucrée qui flotte dans l’air. Cette odeur qui s’invite dans les rues, s’incruste dans les draps, les murs et salons des maisons. Le zhar, et du reste les fleurs qui l’accompagnent en période distillation, a le pouvoir de rendre plus doux le matin des gens et plus beau le quotidien. Si le zhar n’a pas la capacité ralentir le temps, il réussit aisément à l’adoucir. Le parfum du zhar, la fleur du bigaradier et son hydrolat accompagnent, avec discrétion, les tunisiens depuis des générations sans jamais chercher à attirer l’attention.

Pendant longtemps, j’ai cru que le zhar n’était qu’un parfum pour arroser un gâteau ou faire passer une angoisse. Aujourd’hui, je découvre qu’il est bien davantage. Il est une mémoire qui ne s’apprend pas dans les livres. Elle se vit. Elle est en moi et grandit.

Cette mémoire vivante se cuisine, se distille et se transmet. Elle relève en moi bien des questions: Que cachent de la transmission quelques gouttes de Zhar qui parfument une « assida » dans une cuisine? Comment l’eau de fleur d’oranger en est -elle arriver à apaiser une personne angoissé? Pourquoi enveloppe t-on la tête d’hydrolat des feuilles du bigaradier pour réparer d’une insolation?

Le zhar en Tunisie : histoire, traditions, usages et savoir-faire

Dans le tempo des familles, le temps du Zhar est propice aux retrouvailles et réjouissances autour de la floraison, de la distillation et du printemps. Les gestes précis des femmes qui savent encore cueillir les fleurs au bon moment et les distiller avec patience est transmis sans déclarations. Il est remis simplement, comme un passage de relais silencieux.

C’est cette Tunisie là que je raconte depuis plusieurs années à travers 1001tunisie, « alf thneya et thneya », « alf tounes we tounes »,….Raconter une Tunisie intime et élégante. Certes, une Tunisie plus silencieuse mais tellement plus profondément humaine.

Cours de cuisine a base de zhar

Lorsqu’on invite Dar Jbel à intégrer le NABEUL ZHAR TOUR, je ne pouvais me contenter de classer cela comme une simple visite ou un programme que l’on rejoint. J’y ai vu une invitation à ralentir et à observer. J’ai décidé de sentir, écouter, me souvenir comprendre et m’interroger. J’ai décide de donner du encore plus de sens à ce qui en avait déjà. Alors, j’ai cherché le sens derrière chaque réflexion, chaque geste, chaque anecdote, chaque recette, chaque pratique,…

Et j’écris des fables, raconte des légendes, rassemble des faits historiques, retrace des voyages, met en scène l’élégance, la simplicité, et la finesse que l’on peut concevoir et développer autour d’une expérience et un atelier créatif autour à Dar Jbel.

L’hospitalité tunisienne : un patrimoine vivant

Au fil de cette expérience, je redécouvre les vergers de bigaradiers et en plante massivement dans le jardin de la propriété. Je rencontre celles et ceux qui perpétuent les savoir-faire, participe à des ateliers autour de la fleur d’oranger, découvre sa place dans la cuisine tunisienne et comprend pourquoi cette petite fleur blanche est devenue un véritable patrimoine vivant.

J’ai fait consciemment ce voyage en moi même, dans ma culture, dans l’héritage que j’ai reçu ou traversé en fonction des diverses phases de ma vie de femme, épouse, maman, journaliste, chef d’entreprise, jardinière, cuisinière…

Ce que j’ai appris sur le Zhar et avec lui, c’est de poser un autre regard. Ce même regard qui m’ a poussé à inviter les autres à mieux ou différemment regarder ma culture et la vivre. J’ai toujours pensé que les cultures ne vivent pas uniquement dans les monuments. Elles vivent aussi dans les odeurs, les recettes, les gestes, les saisons, les maisons….

Entre cuisine, ateliers créatifs et transmission des savoir-faire

À Dar Jbel, que je dirige depuis 2021, je transmets une idée fondamentale et convertis tout ce que j’y propose comme activités et expériences, ateliers créatifs et programmes, table d’hôtes et évènements privés ou « corporate » autour d’une croyance; les plus beaux patrimoines sont souvent les plus discrets. J’ y partage le patrimoine immatériel de Tunisie et surtout celui qui continue d’exister sans bruit. Celui qui se transmet d’une génération à l’autre sans diplômes ni cérémonies. N’est-ce pas le meilleur révélateur qui dévoile un territoire? Ne vale t-il pas mieux que n’importe quel discours surtout quand il raconte une culture sans démonstrations ni superlatifs?

Le ZHAR Tour est une manière de rencontrer cette Tunisie profonde. Une Tunisie où le terroir ne se résume pas à un produit, mais à une relation entre une terre, des femmes, des hommes, des savoir-faire et des mémoires.

A Dar Jbel, je suis de plus en plus convaincue que voyager, ce n’est pas seulement découvrir un paysage. C’est comprendre ce qui le rend vivant. Et parfois, il suffit d’une fleur pour commencer ce voyage.

Pour en savoir plus sur le Zhar Nabeul Tour et l’expérience que DAR JBEL propose,Zhar Nabeul Tour a Dar Jbel

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